NOÉMIE ALPHONSE & KIARA LAROSE : AU-DELÀ DU PARA-ATHLÉTISME

NOÉMIE ALPHONSE & KIARA LAROSE : AU-DELÀ DU PARA-ATHLÉTISME
Au coeur du sport, les récits de courage et de mentorat transcendent les défis physiques pour révéler des forces cachées. L’histoire de Kiara, 10 ans, double amputée, croisant la route de la star paralympique Noémie Alphonse, tisse un récit inspirant. Et Noémie vu par Kiara, ça donne ça…

Il y a deux ans, le touchant combat de Kiara Larose, 8 ans, amputée bilatérale, captive les médias. L’absence d’un moyen de transport adéquat pour qu’elle se rende à l’école chaque jour entrave son accès à l’éducation. Parmi les lecteur.trices, qui suivent son périple, l’athlète paralympique mauricienne Noémie Alphonse et son entraîneur Jean-Marie Bhugeerathee.

Touchés, ils décident de concert de contacter la famille et leur rencontre en 2022, marque le début d’une relation spéciale. Tout en lui partageant son expérience de para-athlète et en lui ouvrant la voie à de nouvelles opportunités, les liens se forment. Au fil du temps, Noémie devient le mentor, la grande soeur et le modèle de la petite Kiara. Aujourd’hui en Grade 2 et scolarisée à la Remy Ollier Government School, elle nous raconte Noémie à travers ses yeux d’enfant de 10 ans...

Leur première rencontre se déroule au stade de Réduit. « Noémie s’est approchée de moi avec un grand sourire et m’a serrée dans ses bras », se souvient-elle. Débute alors leur extraordinaire aventure. Kiara est loin de se douter que celle qui fait régulièrement la Une des journaux connaît bien sa situation et qu’elle veut l’encadrer pour l’aider à évoluer positivement. Mais elle va vite le découvrir.

Soutenue par son entraîneur, Noémie invite la fillette à se joindre à ses séances d’entraînement. « L’idée de faire du handisport m’a tout de suite plu ! Du coup, accompagnée de maman, je me rendais au stade de Réduit pour mes entraînements chaque vendredi de 9 h 30 à 11 heures. Puis Jean-Marie a pris la relève et c’est lui qui venait me récupérer et me déposer. »

Les séances d’entraînement se révèlent bien plus qu’un apprentissage technique et physique. Il est aussi question de dépassement de soi, de force mentale et surtout d’émotions, de liens. Kiara parle de la douceur et de la générosité de Noémie, qui la guide. Celle-ci la prend littéralement sous ses ailes, lui prodigue continuellement des conseils. « Noémie m’a appris comment tirer partie d’un fauteuil roulant et comment manier les roues avec précision pour gagner en vitesse. Lors des entraînements, j’utilise son fauteuil roulant. » Puis il y a aussi ces amitiés qui se créent. « Je m’entraîne aux côtés d’autres para-athlètes et je me suis rapprochée d’eux. »

Malgré sa notoriété locale et internationale, Noémie crée un environnement empreint de positivité et d’encouragements pour Kiara. « C’est dur de faire tourner les roues d’un fauteuil roulant. Mes bras ont tendance à se fatiguer… Alors je m’arrête et je reprends. Comme me le conseille constamment Noémie, il ne faut jamais laisser tomber. » Cette dernière prend même le temps de lui enseigner à nager.

Aux yeux de la jeune Kiara, Noémie est plus qu’un mentor. Elle est un modèle à suivre, son modèle. « Quand je serai grande, je veux être une championne comme elle !» L’amitié et le mentorat de celle-ci ont profondément contribué à renforcer la confiance de la petite en elle-même, la rendant plus ouverte et expressive.

Le lien entre ces deux-là va au-delà du sport. La principale concernée explique que son but est d’aider Kiara à bien grandir. « Je veux lui apprendre à être une fille forte, à se dépasser et aussi à être une meilleure athlète que moi. » Noémie se souvient de sa propre expérience. « Gamine, je n’avais pas vraiment de modèle… Je suis donc heureuse si je peux inspirer un tant soit peu cette petite fille et d’autres. » Et elle est d’autant plus heureuse de contribuer à faire que Kiara soit en phase avec son handicap. « Il est très important de s’accepter et de s’aimer. Quand on est enfant, on ne sent pas vraiment le regard des autres. Par contre, à l’adolescence, on commence à se voir à travers leurs yeux et on prend alors conscience de nos ‘différences’. C’est à ce moment-là que je veux être très présente dans la vie de Kiara. »

Lorsqu’on lui demande si elle préfère être ‘coach’ ou athlète, Noémie avoue avec un petit sourire coquin : « Athlète ! Même si c’est parfois un véritable défi. On m’a dit que je suis un peu trop stricte et perfectionniste. Mais bon, cela tient de mon désir d’aider les jeunes, de les motiver et de les encourager. »

 

LE PARCOURS PARALYMPIQUE DE NOÉMIE

À 25 ans, Noémie Alphonse est l’icône incontestée du sport paralympique. Elle est entrée dans l’histoire en brisant des records et en remportant des médailles lors de compétitions internationales, notamment les Jeux paralympiques et les Championnats du monde.

Pionnière, elle est la première para-athlète mauricienne à participer dans une finale paralympique en 2021. Forte de huit records nationaux et de quatre records régionaux, Noémie a décroché le titre de vice-championne du monde aux Championnats de 2023. Ses récentes performances, notamment ses médailles d’argent et de bronze aux Mondiaux de Paris, lui ont valu la récompense de Rs 1 670 000. Son prochain défi : les Jeux paralympiques de 2024 à Paris.

 


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