Rencontre

L’aérienne : Sandra To Pow Wan

L’aérienne : Sandra To Pow Wan

Sandra To-Pow-Wan aurait pu être comme la plupart des jeunes de son âge… Être de celles et ceux qui, une fois les études secondaires terminées, s’envolent vers d’autres cieux pour entamer un parcours académique des plus classiques. Du reste, la jeune fi lle se prête au jeu. Tout au moins au départ. Elle se retrouve ainsi à l’université de Manchester où elle se lance dans des études de management, avec une spécialisation en marketing. Sauf qu’il lui est diffi cile de faire taire son âme d’artiste en quête d’essence. Sandra respire en effet la créativité, l’expression corporelle. Et elle finit par se laisser happer par l’univers ensorcelant de la danse. Parce que, avoue-t-elle, la danse est venue à elle et l’a choisie. «Je suis une danseuse née, une boule d’énergie depuis mes premiers pas. Danser, c’est ma vie.» C’est toujours en Angleterre qu’elle découvre les cours de gymnastique et de cheerleading. Mais elle se rend vite compte que ses pirouettes d’enfant exigent d’être travaillées, perfectionnées. Elle plonge tête baissée dans ces disciplines avec passion et détermination. Sans se douter que sa vie prenait déjà un autre tournant. Qu’elle allait devenir plus aérienne. De retour à Maurice en 2015, une amie l’invite à rejoindre le Baraka Cirq, une école de gymnastique et de danse aérienne située à Coromandel. Moment décisif. Sandra découvre les joies du tissu et du cerceau aériens. Elle s’inscrit immédiatement. L’altitude devient son terrain de jeu favori, l’envol, sa nouvelle norme. Mais ne sachant pas faire les choses à demi, Sandra se rend régulièrement en Europe pour participer à des ateliers, suivre des cours intensifs et repousser constamment ses limites pour incarner une véritable acrobate des airs. Le pole dance permet à la jeune entrepreneure de 30 ans de découvrir son corps autrement. Mieux encore, Sandra intègre une communauté accueillante où l’expression personnelle règne en maître. «En pole dance, on est littéralement mise à nu. C’est une forme de libre expression, sans artifi ce ni masque, sans jugement. La seule chose qui existe, c’est vous et la barre.» Au fi l des années, Sandra se distingue par son talent exceptionnel. Ses professeurs l’encouragent à partager son savoir, l’incitant à franchir une nouvelle étape. «J’ai toujours rêvé en secret de posséder mon propre studio de danse pour y partager ma passion. J’ai donc décidé de concrétiser ce rêve à la fi n 2022.» Pour parfaire ses compétences, Sandra suit une formation en ligne auprès de Xpert Pole Fitness, une école internationale proposant diverses disciplines allant du pole dance à la danse aérienne en passant par le hula hoop. Cette quête de certifi cation la conduit à Hong Kong où elle passe son examen, renforçant ainsi son expertise en danse aérienne. La beauté de cet art réside dans l’équilibre parfait entre puissance et grâce. «Il y a un aspect sportif et athlétique où vous préparez votre corps à accomplir les fi gures voulues. Mais il y a aussi l’expression artistique, qui offre la possibilité de créer des fi gures, des chorégraphies et bien plus encore.» La confiance en soi est essentielle. La jeune femme explique qu’elle émerge progressivement grâce à une pratique assidue. «Elle ne m’est pas venue instantanément. Il faut être persévérante. Ce n’est qu’ainsi qu’on arrive à établir un lien avec le tissu, le cerceau ou la barre. Peu à peu, on développe des réfl exes.» Sandra se souvient encore de cette année où elle a donné une représentation au Champs-de-Mars lors de la fête de l’indépendance. «C’était à une altitude vertigineuse, sans matelas de sécurité, avec un vent intense et pour seule lumière celle qui éclairait la scène...» Comment faire dès lors pour surmonter l’anxiété ? «Lorsque tous ces éléments se rassemblent lors d’un spectacle, l’adrénaline côtoie la peur, mais le corps est si habitué à cette discipline que tout devient évident et fl uide dès que la musique commence. Il faut également se mettre en condition… Dans mon cas, cela se résume à ne voir personne. Il n’y a que mon tissu, ma musique et moi.» Maintenir une condition physique optimale est essentiel pour exceller en danse aérienne. «J’ai toujours été une personne active. Je pratique le yoga, je fréquente la salle de sport, je fais du Pilates.» Mais au-delà de la force physique, cet art requiert également une force mentale. «En danse aérienne, nous quittons littéralement le sol. C’est un moment qui m’appartient, où je vole quasiment. Il y a donc le défi , mais il y a aussi ce sentiment de liberté.» La philosophie, qui guide sa vie : «Essayons simplement !» Pour ne pas cultiver les regrets. Toposphere, son studio, le prouve. À l’avenir, elle aspire à perfectionner le contenu de ses cours pour permettre à ses élèves de participer à des concours internationaux. Elle envisage également d’ouvrir un second studio dans le nord de l’île pour rendre la danse aérienne plus accessible. Pour celles qui souhaitent se lancer, Sandra leur conseille «d’essayer avec le sourire et de garder l’esprit ouvert». Elle insiste sur le fait que la danse aérienne est accessible à tous, peu importe l’âge, la morphologie ou le genre. Non sans rappeler que cette discipline n’est pas nécessairement associée à une forme d’érotisme, qu’elle est avant tout une expression de soi. «Il s’agit d’un voyage vers la découverte de soi et de sa propre féminité, une expérience libératrice où le lâcher-prise se marie à la puissance.» Plus d’infos : Room 6, Level 1, Nouvelle Usine, Floréal. Tél. : 54.84.36.75.

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